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dimanche 4 octobre 2026

GENERAL

Prévention - Alimentation

Comprendre l’inflammation de bas grade

Auteur : NUOMA Mutuelle

 

Face à une agression d’ordre traumatique ou infectieuse, l’organisme réagit et son système immunitaire met en place une réponse biologique destinée à se protéger et à réparer : l’inflammation.

 

Elle se manifeste couramment par des signes perceptibles comme la douleur, la rougeur, la chaleur, le gonflement, la perte de fonction, etc.

 

C’est une réaction normale, naturelle et lorsqu’elle est suffisamment efficace, les tissus endommagés sont nettoyés puis réparés : tout finit par rentrer dans l'ordre et la réponse inflammatoire disparaît.

 

Mais il arrive aussi que l’organisme réagisse aux diverses agressions qu’il subit quotidiennement (stress, polluants, tabac, sédentarité, alimentation ultra transformée, pesticides …)  par un processus à très bas niveau, sans signe clinique évident : c’est ce que l’on appelle l’inflammation de bas grade.

 

Discrète et sournoise, à peine détectée au niveau des examens sanguins habituels, il s’agit pourtant d’une authentique réaction inflammatoire qui, à terme, peut faire des dégâts et favoriser ou amplifier la plupart des maladies chroniques actuelles.

 

Dans la littérature médicale, elle est de plus en plus reconnue comme un marqueur de risque de nombreuses maladies telles que :

  • les maladies cardio-vasculaires,
  • les maladies métaboliques telles que l’obésité ou le diabète,
  • les maladies neuropsychiatriques et neurodégénératives (dépression, Alzheimer)
  • les maladies auto immunes telles que la polyarthrite rhumatoïde ou la sclérose en plaque
  • le cancer.

 

La cause n’est pas toujours simple à identifier. Il peut s’agir de petits foyers infectieux peu symptomatiques (infection dentaire ou urinaire) ou une surcharge pondérale ou l’obésité. L’une des origines les plus fréquentes provient vraisemblablement de l’intestin (microbiote perturbé, muqueuse intestinale malmenée, intolérance alimentaire).

Mais l’alimentation est également en cause, notamment si elle est trop riche en « mauvais » gras (acides gras trans, oxydés ou acides gras trop cuits), en sucres rapides et aliments à index glycémique élevé, comportant trop de produits transformés….

L’IBG se traduit par des signaux discrets et progressifs qui peuvent durer des années. Ils ne sont pas spécifiques mais c’est leur persistance et leur convergence qui peuvent alerter :

  • Fatigue chronique,
  • Prise de poids abdominale, 
  • Troubles digestifs ,
  • Douleurs diffuses , 
  • Humeur fragile. 

Des analyses biologiques existent et sont efficaces pour détecter une IBG. Dans tous les cas, les conseils d’un médecin sont indispensables. A noter que ces analyses sont couteuses et quasi jamais prises en charge par l’Assurance Maladie.

A titre d’exemple, un bilan sanguin sur l’un des paramètres suivants peut révéler ce type d’inflammation :

  • la CRP ultra-sensible, marqueur d’inflammation à très faible dose (<5mg) ;
  • le rapport omega-6/omega-3, appréciation sur notre capacité à gérer l’inflammation : il devrait être inférieur à 4 ;
  • l’homocystéine dont un taux élevé est un signe d’alerte inflammatoire au niveau vasculaire.

Un test du microbiote intestinal cartographie l’écosystème microbien et permet de détecter un déséquilibre qualitatif, quantitatif et fonctionnel (dysbiose).

Gérer une inflammation de bas grade est donc majeur pour notre santé et l’un des leviers est d’agir sur notre alimentation.

 

Certes, les « mauvaises » habitudes alimentaires sont difficiles à appréhender, et à contrario, il n’est pas toujours évident de changer vers de « meilleures » habitudes, d’autant plus que leur impact ne se manifeste souvent qu’à long terme.

 

Cependant, quelques actions simples peuvent être efficaces :

La première est de se tourner vers une alimentation anti-inflammatoire.

Vous connaissez les « médicaments anti-inflammatoires » qui agissent en réduisant la réaction inflammatoire. Certains de nos aliments ont des propriétés similaires : ils jouent un rôle déterminant dans la gestion de l’IBG et la régulation de notre équilibre immunitaire.

Parmi eux : les légumes, les fruits colorés, les poissons gras (saumon, sardine), les graines (amandes, noix), et les épices (curcuma, gingembre). Alors augmentons les dans notre alimentation !

A contrario, d’autres aliments sont à surveiller et limiter.

 

En premier lieu, le sucre. En lui-même le sucre n’est pas inflammatoire, mais consommé en excès il fait grossir et déstabilise le microbiote, deux facteurs qui favorisent l'inflammation. Or il est partout et il est facile de le consommer surtout sous forme de boissons sucrées (y compris l’alcool) mais aussi sous forme cachée dans des produits industriels.

 

La consommation excessive de viandes rouges, notamment lorsqu’elles sont cuites à haute température, libère des composés pro-inflammatoires. Les aliments frits contiennent des acides gras trans qui sont liés à une augmentation des marqueurs d’inflammation. Privilégier des méthodes de cuisson douces et des sources de protéines végétales comme les légumineuses peut limiter ces effets.

Le régime méditerranéen, qui a prouvé son efficacité, peut être un bon exemple à suivre. (Cf. Amoseeds Le régime méditerranéen : comment ça marche vraiment ? )

Sources

Un peu de lecture autour du sujet :

  • Transformez votre peau, Camille Hermann, pour des idées de repas ultra colorés !
  • L’alimentation ou la 3ème médecine, Jean Seignalet, éditions du Rocher